sécurité

Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /2009 09:54

La sécurité, thème de campagne favori de Nicolas Sarkozy

En annonçant, jeudi 28 mai, des mesures de lutte contre la violence scolaire, Nicolas Sarkozy remet au cœur de la campagne des européennes le thème de l'insécurité.

Un thème qui, emmené au cœur de la campagne par Jacques Chirac en 2002, avait, entre autres, porté Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. Un thème cher au ministre de l'intérieur, puis au candidat Nicolas Sarkozy, qui voulait nettoyer au "Karcher" les banlieues et qui reprochait aux policiers de "jouer au rugby" plutôt que de de "lutter contre la délinquance".

Pourtant, explique Laurent Mucchielli, chercheur au CNRS et spécialiste des questions de délinquance et de sécurité, "les enquêtes en population générale indiquent que les violences physiques sont stables sur les quinze dernières années". "A l'école, il est cependant possible qu'il y ait un peu moins de violences entre élèves et un peu plus envers les adultes, poursuit-il. Mais dans tous les cas, ce ne sont pas des changements de grande ampleur. Les phénomènes sont anciens et classiques."


"NICOLAS SARKOZY S'ADRESSE À SON ÉLECTORAT"

Pourtant, propositions de loi et décrets se multiplient : décret anti-cagoule (dans les manifestations), loi Estrosi anti-bandes, Lopsi II (loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure) et, bientôt, toute une série de mesures pour lutter contre la violence à l'école : fouille des cartables, présence d'équipe mobile d'agents dans l'école, développement de la vidéosurveillance. "Ce gouvernement s'acharne dans l'idée d'une réponse simplement policière et technique, estime M. Mucchielli, ce qui est une erreur et une vision à courte vue. On ne réglera pas les problèmes sociaux en ajoutant des articles dans le code pénal. C'est même démagogique. "

Une manière de pousser les électeurs aux urnes, selon Dominique Reynié, professeur à l'IEP de Paris et spécialiste de l'opinion politique et des mouvements électoraux. "Nicolas Sarkozy parle de la sécurité pour parler à son électorat", explique-t-il.

Pourtant, à l'heure de la crise économique, les salariés de Continental ou de Caterpillar aimeraient attendre autre chose qu'une campagne centrée sur l'immigration et la sécurité. "Il y a un risque d'usure, reconnaît M. Reynié, mais Nicolas Sarkozy sera toujours plus convaincant qu'un autre sur ce sujet."

 
D'autant plus que, cette fois, il s'attaque à un sujet forcément sensible pour les électeurs : leurs enfants. Pourtant, tout autant que le problème des banlieues, le problème de la violence à l'école relève d'une problématique nationale. "Ce n'est pas un thème européen", admet M. Reynié. Mais, explique-t-il, chaque candidat reste persuadé que ce sont des problématiques nationales, et non pas européennes, qui pousseront les électeurs à aller voter.


Hélène Bekmezian
LEMONDE.FR | 28.05.09 |


Les prisons tant annoncées seront elles construitent ?

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Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /2009 11:29

Elèves de 6 et 10 ans arrêtés : l'UMP critique la police

Aïcha Ouachin, la mère de l'enfant de 10 ans, répondant à la presse, hier à Floirac. Elle a annoncé son intention d'écrire au ministère. Crédits photo : AFP

Les deux enfants étaient soupçonnés d'avoir volé des vélos.

Ils ont 6 ans et 10 ans, et, mardi après-midi, à l'heure de la sortie des classes, ils ont été interpellés par des policiers près de leur école élémentaire, à Floirac (Gironde). Ces deux cousins étaient alors sur le point de rentrer, chacun sur un vélo. Soupçonnés de les avoir volés, les deux enfants ont été interrogés pendant près de deux heures au commissariat de Cenon. Cette affaire, révélée jeudi par le quotidien Sud Ouest, a indigné les parents d'élèves de Floirac. «L'arrestation d'un enfant de 6 ans soupçonné du vol d'un vélo à la sortie de l'école n'est pas acceptable», a réagi jeudi le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre. Dans un communiqué, il a demandé «une enquête sur les conditions de cette interpellation, les raisons pour lesquelles la police n'a, semble-t-il, pas prévenu les parents, et a jugé indispensable de procéder comme elle l'a fait.»

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a exigé une enquête interne. À l'origine de cette arrestation, la plainte d'une mère à la recherche d'un vélo volé. À la sortie des classes, elle le reconnaît, et en identifie également un autre qui lui avait été dérobé deux ans auparavant, et en avertit la police.

 

«Comptes à rendre»

La maman du garçon de 10 ans arrêté a fourni au commissariat une attestation sur l'honneur signée par un adjudant-chef de la base aérienne de Mérignac et expliquant que le militaire avait offert le vélo à l'enfant. Le garçon de 6 ans a pour sa part reconnu avoir «emprunté» le vélo sur lequel il se trouvait, a déclaré mardi le directeur départemental de la sécurité publique de la Gironde. Ce dernier a aussi rappelé qu'une personne avait déposé plainte et que les policiers «ont des comptes à rendre au parquet» .

La mère du garçon de 10 ans a annoncé son intention d'écrire au ministère. Le ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, «s'interrogeait sur les circonstances de l'interpellation» alors que le SNUIpp-FSU, principal syndicat d'enseignants du primaire, a évoqué une arrestation «choquante et démesurée».

 

Le Figaro
22/05/2009


SIX POLICIERS à la sortie d'une école d'un petit bled pour 2 gamins de 6 et 10 ans c'est pathétique et ridicule.

De mieux en mieux aprés tout cela s'inscrit dans une certaine continuité...
Dans certains quartiers les forces de l'ordre utilisent des drônes pour surveiller les cités.
Le Pen en son temps avait dit que si il le pouvait il enverrait des chars.

Va t-On y arriver ?
...


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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /2009 20:30



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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /2009 18:42

Le Mouvement Citoyenneté et Démocratie et l’association ESCA organise une rencontre publique sur:

-Les prisonniers sans preuves

 

-Les conditions de détention

 

-Les rapports entre habitants des quartiers et police

 

 

En présence de :

Maître Karim ACHOUI

Grand Avocat parisien condamné sans réelles preuves, emprisonné et récemment remis en liberté conditionnelle.

 

 

Le Vendredi 13 Février 2009  18h15

au 11 rue Robert Lavergne 92600 Asnières

« 4 routes d’Asnières, salle derrière DARTY »

Bus :304,166,140 Métro :les courtilles

« En France, il ne faut être ni avocat, ni Arabe, on s’en sort mieux »

 Déclaration de Maître Francis SPIZNER avocat de Karim ACHOUI

Nous avons choisi d’organiser ce débat public dans un lieu symbolique situé au cœur de quartiers sensibles d’île de France, à mi-chemin entre « les quartiers Nord » à Asnières 92 et « le quartier du Luth »  à Gennevilliers.

 

En effet nous avons décidé d’inviter Maître Karim  ACHOUI afin de nous parler de ses conditions de détention, avocat parisien condamné sans réelles preuves, emprisonné et récemment remis en liberté conditionnelle grâce à l’action de ses avocats, du tissu associatif et de son très actif comité de soutien présidé par Monsieur Rachid NEKKAZ.

 

Nous souhaitons débattre des impacts à court et moyen terme dans nos quartiers populaires de ces politiques du « tout carcéral » et du «  tout sécuritaire ».

 

Face à la situation actuelle de surpopulation dans les prisons (63 000 prisonniers dont plus de 12000 en surnombre qui vivent dans des conditions dégradantes), aux rapports de plus en plus difficiles entre jeunes et police, et à une dégradation importante du contexte social et économique pour l’année 2009. Ces politiques publiques menées ne sont plus cohérentes.

 
Nous appelons à des choix politiques pertinents, pour éviter l’aggravation des tensions dans les cités, qui risque d’entraîner la radicalisation d’une partie des habitants, trop souvent discriminés et marginalisés, afin de préserver  la cohésion nationale.

 

Hassan BEN M’BAREK http://www.citoyennete-democratie.com  Tél. : 06 06 77 88 27

Mohamed BENTEBRA, collectif république nous voilà http://republiquenousvoila.over-blog.org/

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Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /2009 15:39

Invité du grand jury de RTL, Eric Besson, ministre de l’immigration et de l’identité nationale s’est ainsi exprimé :

« la France a été et est toujours une terre d'immigration. C'est vrai des temps anciens, tout le monde le sait, des grandes invasions. C'est vrai du XIXème et du XXème siècle, avec les Italiens, les Polonais, d'autres qui se sont intégrés. Ensuite, il y a eu à la fois une invasion... euh, une immigration de provenance d'Afrique et du Maghreb ».

 

Aïe, aie, aie… le vilain lapsus !

Le SOUS ministre a mélangé "immigration" et "invasion" avant de se reprendre.

(Source Libération)

ET DIRE QUE CE MONSIEUR A ETE UN HAUT RESPONSABLE AU PARTI SOCIALISTE...

A BON ENTENDEUR SALUT! !

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Jeudi 22 janvier 2009 4 22 /01 /2009 17:51


La France va "tout droit à l'apartheid", s'inquiète Yazid Sabeg

Le commissaire à la Diversité et à l'Egalité des chances Yazid Sabeg a estimé mercredi que la France allait "tout droit à l'apartheid", vers "une guerre civile sociale".

"Je crois qu'aujourd'hui on est en train de creuser un sillon qui nous conduit tout droit à l'apartheid", a-t-il déclaré lors de l'émission "Questions d'info" diffusée sur LCP et France-Info. "C'est une évolution qui aujourd'hui est très, très engagée", a-t-il lancé, estimant qu'"on est une société qui est en train de se fractionner".

"La période qui s'ouvre est vraiment la dernière chance que nous ayons", a jugé Yazid Sabeg, pour qui il y a déjà "eu des alertes: 1984, 1986, 1994, 2005".

"On est en train de créer une guerre civile sociale dans ce pays, qui est en train de devenir peut-être une guerre communautaire demain", a ajouté le commissaire à la Diversité et à l'Egalité des chances. Pour lui, la crise actuelle est une opportunité pour régler la question de la diversité. "Les questions sociales, c'est maintenant qu'il faut les régler. De toute façon, si la crise s'aggrave, c'est ces populations, qui sont les plus fragiles, qui en pâtiront le plus", a-t-il estimé.


NOUVELOBS.FR

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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /2009 11:03

SOS GAZA, APPEL A LA SOLIDARITE

 

STOP AUX MASSACRES

 


 

NOUS SOMMES TOUS DES PALESTINIENS


 

La bande de Gaza, étranglée par un siège très dur depuis plusieurs mois, est actuellement soumise à une offensive israélienne d'une violence extrême qui a déjà fait des centaines de morts et de blessés. Les habitants sont démunis de tout, les hôpitaux n'ont plus de médicaments et ne pourront plus porter les secours, même vitaux, aux victimes.


Apportez votre aide aux enfants, femmes et  hommes de Gaza, affamés et bombardés.

Adresser vos dons à la Fédération Internationale des Sociétés de la  Croix Rouge et du Croissant Rouge.

Pour les dons financiers, merci de libeller votre chèque à l'ordre de la Croix Rouge Française-Palestine


Vous pouvez envoyer votre don directement au siège de la Fédération située

98, rue Didot 75694 Paris cedex 14 ou sur leur site internet http://www.ifrc.org/fr/

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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /2009 11:57

Nous sommes tous palestiniens.


Si pour traduire l’émotion vécue après le choc du 11 septembre, l’expression « nous sommes tous américains [1] »est devenue l’emblème de la compassion et de l’identification avec la victime, qui hélas, son histoire passée et récente représente, pour beaucoup de peuples, le symbole de la domination ; que dire alors, de la population de Gaza, elle, qui n’a jamais chaussé les bottes de l’oppresseur ?

Pourquoi le slogan « nous sommes tous des juifs allemands » de mai 68, symbole de lutte contre l’exclusion, support de toutes les métamorphoses (nous sommes tous des immigrés…) ne s’identifie pas aux victimes de Gaza ?
Comment expliquer, que des expressions aussi fortes, aussi chargés de sens, sont sourdes devant une tragédie orchestrée par une puissance militaire belliqueuse dont la volonté affichée est la mise à mort d’une population représentée par le Hamas, démocratiquement élu, et organisation enchâssée dans la société palestinienne ?

A quoi est dû ce déficit intellectuel, cette cécité qui laisse entendre et voir qu’il y a les victimes et des victimes…. Quelqu’un et quelconque…

Est-ce la nature de la victime ? Ou la nature de l’oppresseur ?

La victime – le persécuté- l’image autour de laquelle se forge la conscience humaine est la traduction philosophique du concept de l’autre, de l’ouverture à l’autre dans la philosophie contemporaine.
Ce tournant philosophique dans la pensée occidentale est la conséquence de la pensée totalitaire des années trente, accoucheuse de la terreur, de massacres et de génocide.
Pour se dédouaner de sa culpabilité dans la souffrance et la persécution des juifs, l’Occident-la chrétienté en somme- a accompagné l’idée d’un foyer juif par la création de l’Etat d’Israël.

La victime, le persécuté, l’Autre a pris la figure du juif errant. Le juif est devenu la victime par excellence de l’histoire. L’Autre – la victime-, rappelle au bourreau qu’il est une face de son histoire, une partie intégrante de son identité. Ce rapport ne fait qu’instaurer un dialogue occidentalo-occidental.
Si l’Allemagne Nazie, par qui le malheur est arrivé, voulait être la traductrice de la Grèce, la Nouvelle Athènes, l’Autre veut ajouter à la civilisation gréco-chrétienne son chaînon manquant : Jérusalem. Celle-ci a pour mission de pallier à la défaillance de l’Occident en l’amarrant à sa dimension éthique.
L’Etat d’Israël, produit du sionisme politique est le fruit de la modernité : il a fait de la possession de la terre la vérité de l’âme du judaïsme.

La nation comme horizon politique de la modernité est entachée d’un mal incommensurable : le colonialisme. C’est pour cette raison, que la naissance de l’Etat d’Israël, fondée sur l’expropriation et la persécution des palestiniens est un acte colonial pur.
L’Etat d’Israël, implanté en orient, reste un Etat occidental. Il porte en son sein, le mal radical des républiques occidentales : le colonialisme. Ni le poids de l’histoire, ni les traumatismes de la mémoire ne peuvent voiler ce qui est au cœur du conflit israélo-palestinien : la question coloniale.
Ainsi, l’Etat d’Israël, cet enfant des lumières, en incarnant dans le proche orient la civilisation occidentale, symbolise la dernière figure de l’Occident colonial.
Comment expliquer, qu’en France, après avoir vécu dans un passé proche, l’insoutenable paradoxe entre la république et la colonisation, dans le cas d’Israël, le fait colonial est toujours évacué. Comment n’arrive-t-on pas à voir, dans l’armée israélienne, dans sa logique de légitime défense, la litanie de l’armée d’Afrique en Algérie :
la « pacification ».
Les massacres perpétrés depuis 1948 par l’armée israélienne ne sont que l’autre version des Enfumades du Dahra, la « pacification » meurtrière de l’Armée d’Afrique[2].

La logique de la puissance en se déployant dans l’espace est la proie de son ambition dévorante : la conquête. Et toute conquête est grosse d’une logique d’extermination. Déjà, au lendemain de la guerre de 1967, De Gaulle, dans une conférence de presse, a tiré la sonnette d’alarme.
En qualifiant le peuple juif, « d’un peuple d’élite, sûre de lui-même et dominateur, » en fondant un Etat, se transformera en nation guerrière et conquérante. Et comme force occupante, il sera confronté à une résistance qu’il qualifiera de terroriste. Au niveau conceptuel, des distances astronomiques séparent la France d’aujourd’hui, qui se réclame pourtant de l’héritage gaullien, de celle de son fondateur. Cette image de la victimisation du juif a perduré presque un demi-siècle.

Elle a volé en éclat dans la deuxième intifada d’El Aqsa en 2000 et, principalement, après le traumatisme de l’assassinat- filmé par l’équipe de France 2- du jeune Mohamed-Al-Dourra, âgé de 12 ans. Mohamed-Al-Dourra est l’image de l’Autre par excellence. Il parle une autre langue. Il porte un autre dictionnaire. Il est façonné par un autre imaginaire, emporté par un autre idéal. Ni Jérusalem, ni la Grèce, ni Rome ne sont ces capitales ontologiques. La question palestinienne est une question nationale.

Le conflit israélo-palestinien ne se réduit pas à l’équation terroriste-victime mais à celle de l’occupation-résistance. Ce prétendant victime, l’Etat d’Israël, sur la scène du monde, avance masqué. Ce qu’il masque fait sa vérité : sa nature coloniale. A l’origine de la résistance-terrorisme, il y a l’occupation comme impasse politique à la possibilité de la naissance d’un état palestinien viable.

Comment expliquer, que la vague d’indignation qui s’est soulevée suite à la mort de Mohamed- Al-Dourra s’est vite estompée ? Le climat de suspicion qui a régné ses dernières années dans le débat intellectuel français, où toute critique de la politique d’Israël est assimilée à l’antisémitisme est la traduction politique du 11septembre. Un ennemi commun menace L’Occident et Israël : l’islamisme. C’est pour cette raison, que l’agression israélienne, contre Gaza, où la victime, arabe, palestinienne et islamiste, vu les clichés que ces noms véhiculent depuis le Moyen-âge, ne peut être que coupable.

Mais l’histoire moderne atteste que la diabolisation de l’Autre n’a nullement pour cause sa religion ou son ethnie mais le programme politique qu’il défend. L’OLP (Organisation de la Libération de la Palestine) était bien considérée comme une organisation terroriste par Israël lorsque celle-ci incarnait les aspirations nationales des palestiniens. Donc l’Autre n’a d’existence acceptable que comme entité soumise ou domestiquée. La logique de la puissance comme volonté de domination n’admis en face d’elle qu’une volonté serve.
Ce qui se joue à Gaza dépasse de loin l’équation israélo-palestinienne. Nous n’enterrons pas à Gaza les morts palestiniens car, de cette mort, fleurit l’esprit de la résistance.

La terminologie utilisée dans la conscience arabe s’étale sur les bandes des chaînes satellitaires, et principalement celle d’El Jazira, est celle de martyr. Rappelons que l’opération « Paix en Galilée » en 1982 dont l’objectif était la destruction de la structure militaro- politique de l’O.L.P a donné naissance à une organisation pétrie d’une culture de résistance, plus forte et plus redoutable ; elle a infligé en 2006, une défaite à une Armée qui, se croyait jusqu’à présent, invincible : le Hezbollah. Il s’agit, à partir de ce qui se passe à Gaza, de saisir ce qui se joue à Gaza : notre devenir-monde. Gaza est le théâtre de l’histoire. De la vérité de l’histoire.

Car, ce que nous risquons d’enterrer à Gaza, c’est l’idée d’Occident même. Ni l’opération « Rempart » de mars-avril 2002, destinée à détruire l’infrastructure de l’autorité palestinienne et avec elle l’offensive « Pluie d’été » de juin 2006, puis actuellement l’opération « Plomb durci » visant à anéantir le Hamas, n’atteindront l’objectif politique escompté : la domestication de l’Autre. Chaque opération militaire a contribué à vivifier l’esprit de résistance. La rue arabe, ainsi surnommée pour son incapacité à traduire son émotion en action politique, est maintenant gagnée par la colère. Et la colère fait soulever le populaire. La rue arabe est devenue les peuples arabes. Et dans ce devenir, le sentiment d’injustice travaille les consciences.

Elles deviendront, elles aussi, à leur tour des consciences insurrectionnelles. La rue arabe vit les moments de sa métamorphose en rue constituante. Les images révoltantes qui arrivent de Gaza, sous le regard bienveillant de la communauté internationale –en un mot l’Occident- et la complicité des régimes arabes qualifiés de modérés seront la frontière métaphysique, d’où le dialogue avec l’Autre sera difficile, voir presque impossible. C’est pour cela qu’il ya urgence.
Pour les juifs. Le Sionisme en donnant au Judaïsme une forme politique nationale l’a exposé au mal que l’idéologie nationale génère : l’occupation et l’oppression de l’Autre. Ainsi, il corrompt et pervertit ce qui fait l’essence du judaïsme : la justice. Il constitue une menace mortelle sur le message universel de la pensée juive. Il suffit de rappeler le message de Martin Buber[3] « Seule une révolution intérieure donnera la force au peule juif pour sortir de sa folie meurtrière, basée sur une haine irrationnelle….

Elle finira par nous détruire entièrement. Et seulement alors, les jeunes et les vieux de notre pays réaliseront combien fut immense notre responsabilité envers ces misérables réfugiés arabes ; envers ceux dont nous avons pris les villes pour y installer des Juifs qui furent amenés de très loin, dont nous avons hérités les maisons, dont nous labourons et récoltons les champs, dont nous ramassons les fruits de leurs jardins, de leurs vergers, de leurs vignes, et dont nous avons volé les villes pour y édifier des lieux d’éducation, de charité et de prière, alors que nous pérorons et nous enflammons sur le fait que nous sommes le « peuple élu » et « la Lumière des nations ».

Rappelons aussi, que la « révolution d’octobre de 1917 » dans laquelle on voyait la naissance d’un homme nouveau, symbole d’un idéal d’émancipation et d’une véritable fraternité universelle, a fini, quelques décennies plus tard, sous la plume des ses propres enfants, à nous livrer son visage criminel. Pour la société civile occidentale. Si hier, durant la guerre d’Algérie, seule une minorité avait choisi la justice contre sa mère ; par ce choix, elle a sauvé l’honneur de l’idée de l’homme qu’incarnait la France des lumières.
Cette minorité avait raison. Son geste est gravé dans l’Histoire et dans la conscience des colonisés d’hier. A Gaza, l’Occident est entrain de perdre son âme. Au lendemain de Noël et les fêtes de fin d’années, la compassion chrétienne et les vœux du bonheur doivent être dirigés aux nécessiteux, aux plus démunis, aux assiégés, aux persécutés dans une forme de prière en leur demandant pardon. Dans « nous sommes tous américain », « nous sommes tous des juifs allemands », l’autre n’est qu’une autre manière de dire « je ».

Il fait partie de la famille de pensée occidentale. C’est des occidentaux qui parlent à des occidentaux. Si l’émergence de la catégorie philosophique de l’Autre-en l’occurrence le juif-, conceptualise une réalité tragique, celle de la logique d’extermination que poursuivait une Allemagne Nazie dans sa quête mythique du règne de la race pure ; la scène historique de cette tragédie est l’Europe. La responsabilité incombe seulement, et seulement à la pensée occidentale. Elle portait en son sein le totalitarisme et de ce qui en découle : le mythe de l’origine. Alors que dans le cas de la Palestine, l’Occident, la conscience du monde à cette époque, est responsable de l’expérience tragique que les palestiniens endurent depuis 1948 : la Nakba.

Cette tragédie a-t-elle sens et écho dans la conscience occidentale ?
La véritable ouverture à l’Autre est le respect de sa souveraineté. C’est accepter et admettre que l’Universel se parle aussi dans une autre langue que celle de l’Occident. Honneur aux victimes. Nous sommes tous palestiniens.

Mahmoud Senadji sur oumma.com

[1] Nous sommes tous américains, Editorial du monde du 13 septembre 2001, Jean-Marie Colombani.

[2] Lire le chapitre consacré à l’Armée d’Afrique dans l’Ouvrage de Charles André Julien, Histoire de l’Algérie contemporaine. La conquête et les débuts de la colonisation 1827-1871, Paris, Presses Universitaire de France, 1964.

[3] Martin Buber, philosophe et théologien israélien, tiré du site : http://questionscritiques.free.fr/moyen_orient/conflit-israelo-palestinien.htm#10n
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