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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 11:09

La fin du militantisme politique

Par Élie Arié, ancien Secrétaire National à la Santé du Mouvement Républicain et Citoyen. Pour lequel le militantisme vit peut-être ses dernières heures.

« Le rôle des militants, c’est d’être toujours cocus » (Guy Mollet). Ce constat, déjà vrai à l’époque où les partis politiques comptaient beaucoup plus de militants, l'est encore plus aujourd’hui.

Le rôle des militants se résume à :

- distribuer des tracts et coller des affiches (rôle de plus en plus accessoire, à l’époque où les campagnes se gagnent ou se perdent à la télévision);

- remplir les salles des meetings pour montrer, dans les reportages, qu’il y avait beaucoup de monde, et applaudir sur commande comme dans les émissions publiques de télé;

- payer des cotisations, pour amener des sous supplémentaires aux partis (moins indispensable depuis leur financement public);

- repérer parmi eux des gens aptes à exercer différentes responsabilités, et, pour les leaders, à enrôler à différents niveaux dans leurs écuries.

Et c’est tout, c’est strictement tout. Prenons l’exemple actuel du PS :

- on a décidé que c’est Aubry qui serait Premier Secrétaire : c’est Aubry qui est Premier Secrétaire, point barre;

- on a décidé qu’Henri Weber serait tête de liste dans la circonscription Centre, c’est Henri Weber qui sera tête de liste dans la circonscription Centre, point barre;

- on a décidé que Royal ne sera pas la candidate du PS en 2012, et Royal ne sera pas la candidate du PS en 2012, pont barre ; quitte à faire désigner, si besoin, le candidat du PS par les instances où elle est minoritaire.

Les militants ne seront pas contents ? Des militants quitteront le parti ? Mais qui donc cela pourrait-il gêner ?

Ce qui compte, ce ne sont pas les militants, ce sont les électeurs : que pèsent 200 000 militants d’un parti, 30 000 militants d’un courant, par rapport à 40 millions d’électeurs ? Rien, zéro, nada.

Qu’importe s’il y a un jour 50 % d’abstentions aux élections, ou davantage ? C’est comme ça que fonctionnent depuis toujours les Etats-Unis (l’élection d’ Obama a été une exception) : ce qui compte, en politique, c’est l’accès au pouvoir.

Royal ne fait pas mieux, avec son mini-réseau de 5000 naïfs de Désirs d’Avenir qui s’imaginent avoir participé à l’élaboration de son pacte ou de la motion E (leurs contributions n’ont été lues que par le malheureux chargé d’en faire la synthèse, synthèse qui n’a été elle-même lue par personne).

Évidemment, c’est pareil dans tous les partis.

Il suffit d’ailleurs de lire le niveau des contributions de la majorité des militants (de tous les courants et de tous les partis, lorsqu’on leur en demande) pour s’imaginer facilement l’opinion réelle que doivent avoir d’eux leurs leaders, des politiques aguerris entourés d’experts pointus et de toutes opinions.

S’il y a une activité politique qui abrutit, qui fanatise, qui ferme et appauvrit l’esprit critique et l’intelligence au lieu de les ouvrir et de les enrichir, c’est bien le militantisme.

Voilà pourquoi la seule qualité que les politiques apprécient, chez les militants, c'est la fidélité (absolue, inconditionnelle, bornée) : moins ils réfléchissent, plus ils sont appréciés.

Voilà pourquoi il n’y a aucune raison pour que ça change un jour, et il n'est d'ailleurs pas impossible que l'avenir soit aux partis sans militants (comme c'est déjà le cas pour les syndicats sans syndiqués).

Mardi 17 Mars 2009 - 07:00

Élie Arié   Marianne2.fr

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Published by Républicain
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