L’amicale de locataires de la cité des Poètes, à Malakoff, vient de lancer une pétition pour dénoncer cette vente. Sitôt les vacances scolaires terminées, ces locataires investiront les marchés afin d’informer la population et d’obtenir son soutien. Vendredi dernier, « consternée et indignée », la fédération départementale de la Ligue des droits de l’homme est montée au créneau.
« Si les loyers augmentent brutalement, les locataires ne pourront plus payer »
« La vente est une véritable atteinte aux droits au logement pour tous dans un contexte déjà si calamiteux », tonne Jean Ganeval, le président de la fédération des Hauts-de-Seine.
La grosse préoccupation des élus est de savoir qui va récupérer ces 8 600 logements. Le mois dernier, treize maires, toutes couleurs politiques confondues, avaient écrit au préfet et à Christine Boutin, ministre du Logement, pour demander des précisions sur la transaction. « Nous n’avons eu aucune réponse de qui que ce soit, gronde Catherine Margaté, maire (PCF) de Malakoff. Nous avons voté des voeux en conseil municipal et au conseil communautaire, pour conserver une dimension sociale à ces logements. »
Son de cloche quasiment identique à Sceaux. Le maire centriste Philippe Laurent a pris une délibération pour que la résidence des Bas-Coudrais soit protégée dans le cadre du plan local d’urbanisme (PLU) en cours d’élaboration. « Une majorité de ces logements doit redevenir sociale. Si les loyers augmentent brutalement, les locataires ne pourront plus payer », appuie Philippe Laurent. Pascal Buchet est maire (PS) de Fontenay-aux-Roses, où 1 500 logements sont concernés. « En dix ans, certains loyers ont été déjà triplés chez Icade, rappelle l’élu. La vente de leur parc est une opportunité de refaire du logement social. A Fontenay, les deux tiers de la population peuvent prétendre à une HLM. » Chez Icade, on se veut rassurant : « Bien sûr qu’il est possible de vendre à un bailleur social, tranche une responsable. C’est toujours l’option que nous privilégions. »