La mixité sociale à la trappe, alors la mixité professionnelle?
L'obligation faite aux établissements scolaires de favoriser la mixité sociale en diversifiant leurs effectifs a fait l'objet de différentes mesures, assorties d'un assouplissement de la carte scolaire qui aurait dû permettre aux parents de choisir l'établissement de leur enfant.
Après deux ans d'application, force est de constater que ces dispositions ont quasiment fait long feu. Si elles ont permis aux élèves les plus performants de fréquenter le collège ou le lycée de leur choix, elles n'ont pas provoqué un phénomène significatif de mélange des populations scolaires.
Par ailleurs, l'assouplissement de la carte scolaire a connu ses limites et si 72 % des demandes de dérogations ont abouti en collège, 65 % en lycée, il faut apprécier l'immense déception exprimée par les 28 % et 35 % qui n'ont pas obtenu satisfaction, colère et amertume qui sont à mesurer à l'aune des espoirs créés par les promesses affichées.
De nombreuses réclamations sont adressées au médiateur quand ce n'est pas au tribunal administratif, lesquels n'en peuvent mais.
Selon différentes études (Inspection générale de l'éducation nationale - 2008, Cour des comptes - 2009), l'assouplissement de la carte scolaire aurait renforcé les clivages entre établissements, donc favorisé le phénomène de "ghettoïsation", c'est-à-dire obtenu l'effet exactement contraire de ce contre quoi il était censé lutter.
Les quelques collèges "ambition réussite" qui semblent être devenus plus attractifs viennent à peine atténuer cette tendance forte. L'article de Luc Cédelle dans Le Monde du 16 décembre dernier constitue une excellente synthèse de la situation actuelle sur ce sujet.