République:Nom féminin Etat dans lequel la souveraineté appartient au peuple par l'intermédiaire de représentants élus.

S’appuyant sur une enquête de terrain menée sur une longue durée, dans les Hauts-de-Seine (Asnières, Genevilliers, Nanterre, etc.), Michel Kokoreff explique que les mécanismes de ségrégation urbaine et de discrimination à l’égard des travailleurs immigrés et de leurs familles ne datent pas de l’émergence du « malaise des banlieues », mais des années 1950 et, plus encore, du XIXe siècle. Il montre que l’on assiste à une criminalisation de fait des classes populaires avec notamment la doctrine de la « tolérance zéro ». Il montre enfin que la vie sociale dans les quartiers « difficiles » ne se résume pas à la délinquance. Certes, celle-ci existe, mais on oublie trop souvent l’effervescence de ces quartiers, le dynamisme social qui en émane, le fait que beaucoup de jeunes cherchent à sortir de la « galère » par la reconversion d’un capital relationnel (la réputation) en statut professionnel (la compétence) - tout en se heurtant à de multiples obstacles liés à la déviance, à l’action policière et aux rigidités institutionnelles.
Ce livre ne prétend pas « couvrir » ce qui se passe dans les cités, encore moins trouver des « excuses sociologiques ». Il veut simplement montrer les « banlieues invisibles », donner un aperçu des ressources disponibles, du fourmillement d’initiatives, des solidarités à l’œuvre. Bref, envisager un autre regard sur les banlieues populaires.

Dédicace de l'auteur, Michel KOKOREFF